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Les situations compliquées ne sont pas toujours les bienvenues dans notre quotidien. Mais je dois bien reconnaître qu’elles nous permettent parfois de sortir de notre zone de confort, et faire des découvertes intéressantes sur nous, nos capacités, ou encore les particularités des environnements dans lesquels on évolue.

Le Contexte

Pour des raisons professionnelles, j’utilise régulièrement Adobe Illustrator pour des compositions graphiques diverses. Cette application, magnifique comme tout, est vraiment bien pensée et développée. Et jusqu’à hier, tout s’était généralement passé bien. Mais à un moment donné, des soucis ont commencé à se manifester.

Les symptômes

  • Au départ, c’était rajouter des images PNG dans la composition qui a commencé à ne pas bien marcher.
  • Ensuite, je ne pouvais plus renommer correctement les espaces de travail.
  • Et pour finir, je ne parvenais même plus à ouvrir normalement le fichier, ne serait-ce que pour le visualiser et exporter les créations en PNG.

Je suis passé par tous mes états car le fichier représentait plusieurs heures de travail. Je ne me voyais pas entrain de tout reprendre depuis le début. En guise de référence, le poste de travail qui me posait des soucis avait les caractéristiques suivantes :

  • OS : Microsoft Windows 7 Pro x64
  • CPU : 3.4 GHz, 4 cœurs
  • RAM : 8Go
  • HDD : 150Go
De superbes caractéristiques pour une performance douteuse. Qui est le coupable? L’incapacité du poste ou du logiciel?

Cette situation m’a vraiment rempli d’étonnement car en fait, le problème a commencé alors que j’étais sur une machine un peu moins puissante, de 4Go de RAM seulement. Sachant que le fichier final faisait 350Mo, je me suis dit qu’il lui manquait peut-être de puissance. Mais non, tel n’était pas forcément le cas.

Illustrator Ne Répond Pas Même Avec Le Double De Puissance - Soka Wakata
Près de 35$/mois pour ça??? Au secours!

Je me suis tourné vers Internet pour voir ce que proposaient les internautes. Et j’ai presque tout essayé, sauf la réinstallation :

  • désactiver le spouleur d’impression,
  • forcer l’arrêt de Illustrator,
  • attendre devant un épisode de Games Of Thrones,
  • laisser l’ordinateur essayer de se débloquer pendant toute une nuit, …

Rien de tout cela n’a fonctionné pour moi ;-(

Quand Inkscape (a.k.a logiciel libre) vole au secours d’Illustrator (a.k.a logiciel propriétaire)

Puis je me suis souvenu avoir entendu quelqu’un quelque part dire que Inkscape pouvait lire les fichiers Illustrator, pour peu qu’on les renomme en PDF. Et là, Multiple Miracles : un logiciel open source qui ouvre sans sourciller une fichier crée par une application propriétaire, sans sourciller! J’en ai été ému aux larmes.

Voici en détail ce que j’ai fait :

  • créer une copie du fichier AI que je parvenais pas à ouvrir sur Illustrator, juste en guise d’assurance-vie
  • renommer la copie du fichier en PDF
  • déplacer le fichier PDF résultant vers un poste Linux disposant d’InkScape. Ayant plusieurs postes Linux, c’est ce que j’ai fait. Mais je suppose qu’en installant InkScape sur le poste Windows, j’aurais pu obtenir le même résultat.
  • Ouvrir le fichier PDF avec InkScape
  • Sélectionner l’espace de travail à ouvrir et valider
  • Et voilà

Limites de InkScape (dans ce cas précis)

Dans mon cas, tout était presque parfait, car les traitements graphiques avaient déjà été finalisés sous Illustrator. Je cherchais juste à exporter les espaces de travail lorsque le souci est survenu. Je ne cherchais pas à faire d’autres modifications. InkScape fut presque parfait. Je dis presque parce que ma composition comportait 16 espaces de travail. Mais Inkscape ne permet d’importer qu’un espace de travail à la fois!

En fouillant sur Internet, je n’ai pas trouvé de manière viable de lui faire digérer d’un coup plusieurs tableaux. Dommage! Cela m’a donc coûté quelques minutes d’import export en plus.

Le 2e souci est que une fois importée, les éléments de la composition sont groupés. Il peut donc être difficile de les retravailler dans InkScape. Je pense toutefois qu’il est possible de contourner ces limitations, mais je ne sais pas encore comment. Ce sera une quête intéressante.

Au-delà de ma joie d’avoir pu exploiter mes compositions, j’ai surtout été ému par le paradoxe de la situation : un logiciel open source et gratuit qui ouvre avec aisance un fichier qui a presque étouffé un logiciel propriétaire. Tout cela avec moitié moins de puissance!

Vive le logiciel libre.

Soka!