fbpx

Alors que nous poursuivons notre exploration de l’univers de Linux, il se pourrait qu’on se heurte assez rapidement à la barrière du système de fichiers et de la singulière arborescence, surtout si l’on vient d’un système comme Microsoft Windows.

Pas de trouble. Nous allons essayer d’y voir plus clair.

Tout est fichier

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de comprendre l’un des principes fondamentaux de Linux. Ici, tout est fichier. Cette déclaration un peu étrange en troublera certainement plusieurs. Mais le plus important à comprendre ici est que dans Linux, tout ce que l’on voit est un flux d’octets. Qu’il s’agisse d’un document de traitement de texte, d’une présentation, d’un film ou même d’un pilote de périphérique, pour Linux, il s’agira toujours d’un flux de données, d’un fichier. Et en tant que fichier, tous ces éléments peuvent être soumis à des opérations comme le renommage, le déplacement, entre autres.

Arborescence

Sous les systèmes issus du monde de Microsoft Windows, il est courant, lorsqu’on ouvre le poste de travail, d’avoir un système comportant au moins un disque dur (ou partition) principal. Généralement nommé C, c’est en son sein que la majeure partie de notre contenu sera localisé. Sous cet arbre se trouvent de multiples sous-dossiers ou répertoires. D’un point de vue utilisateur, tous ne revêtent pas la même importance. Au contraire, certains dossiers retiendront plus l’attention des utilisateurs. C’est par exemple le cas de

  • Program Files, le dossier qui abrite les logiciels d’applications
  • Dossier Personnel, qui arborera le nom de l’utilisateur courant, et qui contiendra plusieurs sous-dossiers d’importance, comme Mes Documents, Ma Musique, et les autres

Si plusieurs partitions sont disponibles, soit parce que le système possède un large disque dur compartimenté, ou encore en raison de supports amovibles externes (DVD, Disques Durs externes, etc.), alors ceux-ci seront désignés par d’autres lettres D, E, F, etc. Et leur usage dépendra du bien vouloir des utilisateurs.

Sous Linux toutefois, le son de cloche diffère quelque peu. En effet, l’intégralité du système se retrouve sous /, la racine, l’origine et point de rassemblement de tous les fichiers.

Sous la racine, plusieurs autres noeuds sont disponibles, avec des fonctions prédéfinies variées. En voici quelques exemples en détail:

Hiérarchie du Système de Fichiers

  • / : la racine. Le noeud 0, le sommet de la pyramide, l’origine de toute chose (au sein du système de fichier)
  • /bin : le dossier des binaries, le noeud abritant les exécutables systèmes. Tous les systèmes sont livrés par défaut avec un ensemble de commandes systèmes qui permettent d’effectuer les opérations les plus basiques. C’est en ce lieu qu’est établie leur demeure. Sous Microsoft Windows, cela pourrait correspondre à C:\Windows\system32 ou semblable. Les exécutables disponibles ici peuvent être utilisés par tous les utilisateurs du système.
  • /boot : noeud d’amorge. Il comporte les programmes, routines et outils dont l’environnement aura besoin pour démarrer normalement, sans intervention externe. Inutile de dire qu’il faudrait avoir tous ses sens et savoir ce que l’on fait, si jamais on joue dans les parages.
  • /dev : le noeud abritant les devices, les périphériques. Alors oui, sous Linux, une souris, une imprimante ou un écran, ce ne sont pas juste des appareils que l’on connecte à l’unité centrale, et puis ça marche (ou pas). En plus de tout cela, ce sont des fichiers qui éliront domicile ici.
  • /etc : (Environnement Terriblement Configurable :-)) bien que l’origine et signification de son nom ne semble pas clair, il s’agit d’un noeud abritant les fichiers de configuration de la plupart des applications utilisées dans le système. C’est le centre nerveux, un peu comme le menu paramètres dans certains systèmes d’exploitation. De par sa conception, ce noeud ne devrait pas abriter des fichiers exécutables, mais uniquements des fichiers statiques, dont le contenu sert à configurer ou paramétrer d’autres applications. Les fichiers de configuration peuvent se retrouver à la racine du noeud, ou dans des sous-dossiers adéquats.
  • /home : ce noeud est l’équivalent du dossier personnel que l’on retrouve chez Microsoft. Linux étant un environnement multi-utilisateurs, il est possible que plusieurs utilisateurs différents se servent du même système, mais conservent chacun leurs fichiers et réglages, sans affecter ceux des autres. Au sein du noeud /home, nous aurons donc autant de sous-noeuds qu’il y a d’utilisateurs installés sur le système. Et dans chaque noeud utilisateur, nous aurons des sous-noeuds destinés à accueillir des fichiers spéciaux tels que la musique, les vidéos, les documents, les téléchargements, et autres.
  • /lib : le noeud des libraries, des librairies logicielles. Les librairies dans Linux, souvent marquées par leur extension *.so, sont équivalent aux *.dll des systèmes Microsoft Windows. Ces librairies sont souvent des modules et fonctionnalités partagées auxquelles divers programmes peuvent faire appel afin de fonctionner pleinement ou simplement.
  • /media et /mnt : ce sont les noeuds qui accueilleront en général les systèmes de fichiers externes, tels que les lecteurs de CD, DVD, les disques durs externes, etc.
  • /opt : noeud réservé aux applications qui ne font pas partie de l’installation par défaut. Un dossier un peu étrange car pas souvent utilisé comme il est supposé l’être.
  • /proc : ce noeud continent, sous forme de fichiers (oui bien évidemment) les processus, les informations sur le fonctionnement du système en cours d’exécution. Il se comporte comme un centre de contrôle et d’information du noyau.
  • /root : noeud abritant le dossier personnel de l’Administrateur Principal du système, le fameux Root, l’individu Racine.
  • /sbin : system binaries, pour les fichiers exécutables destinés à l’administration ou la maintenance du système
  • /usr : il accueille le plus important volume de données partagées du système. on peut y retrouver les exécutables des utilisateurs (et non les exécutables système) ainsi que toutes les ressources qui leur sont associées (documentation, librairies, etc.)
  • /var : pour les fichiers au contenu variable. C’est par exemple le cas des fichiers journaux, qui, par nature, sont appelés à varier.
  • /tmp : noeud regroupant des fichiers temporaires. En général la plupart des applications générant des fichiers temporaires trouveront le moyen de les effacer après utilisation, mais tout ne marche pas toujours correctement. Un peu de ménage dans cette section de temps à autres procure toujours beaucoup de bien au système.

Au quotidien

Bien entendu, l’utilisation quotidienne du système dépend de l’utilisateur et de ses intérêts. Mais il est évident que ces noeuds n’exigeront pas de manipulations régulières. Parmi ceux qui risquent de retenir le plus votre attention, il y aura probablement

  • /home et tous ses sous-noeuds
  • /var, en particulier
    • /var/log
    • /var/www
  • /usr/share et plusieurs de ses sous-noeuds.

Pour le reste, le système et les applications seront en mesure de bien les gérer, au moins jusqu’à ce que votre connaissance du système ne s’accroisse.